Sébastien est le petit-fils du regretté André Chardonnet, resté dans la mémoire des sportifs grâce aux performances des Autobianchi et autres Lancia qu’il importait et engageait en compétition. Révélé par la Formule Campus et la Formula Renault
2.0, Sébastien nous explique ses récentes tribulations. « La Touring Cup, qui est
un coupé équipé d’un V6 de 320 chevaux, m’a permis de ne pas perdre la main quand mon projet « Champ Car » est tombé à l’eau. » L’hiver dernier, Seb a en effet passé trois mois aux USA en vue de participer à la série Champ Car Atlantic. « J’ai effectué les tests officiels avec l’équipe Conquest Racing d’Eric Bachelart. Tout s’est bien passé à Houston, j’ai fait le 3ème temps, j’étais P5 le premier jour à Sebring… Le but était de grimper en Champ Car à moyen terme, mais la fusion avec l’Indycar Racing Series était en contradiction avec la stratégie de mon partenaire principal. Une fois rentré en France, j’ai fait une première tentative en GT3 avec une Corvette, mais l’équipe a renoncé. Alors j’ai décidé de prendre mon temps pour trouver une bonne opportunité. »
Décevant sur le plan sportif, l’exil américain de Sébastien a eu en revanche un impact favorable sur son niveau d’anglais. Cela s’est révélé utile pour s’intégrer à l’équipe Matech GT Racing, de nationalité Suisse et basée en Allemagne, mais qui utilise la langue de Shakespeare au quotidien. « Je dois dire un grand merci à Gilles Chatelain, le promoteur de la Touring Cup, qui m’a mis en contact avec Matech GT Racing. Le courant est vite passé avec cette équipe, et puis le côté «légende» de la Ford GT est très séduisant. » La réputation acquise sur les circuits par cette voiture équipée d’un V8 de 5 litres de cylindrée développant 550 chevaux ne l’est pas moins. Matech GT Racing mène au classement teams du championnat d’Europe FIA GT3. Sa présence à Magny-Cours s’explique par la volonté de prouver les qualités de la Ford GT face aux Ferrari 430, Lamborghini Gallardo et Dodge Viper des teams français. Coup d’essai, coup de maître… pour la voiture comme pour les deux « rookies » de l’équipage n°82 !
Dans cette épreuve qui regroupait deux courses d’une heure, Sébastien était associé à Dimitri Lazardeux, dont l’expérience se limitait à la Touring Cup et au Karting. Les deux pilotes étaient donc d’authentiques novices dans le domaine du Grand Tourisme. « L’ABS nécessite un temps d’adaptation, et globalement latechnique du freinage est différente de celle d’une monoplace » expliquait Sébastien, dont le temps de roulage aux essais libres se trouve réduit par un problème de durit d’eau vendredi matin. L’après-midi, l’équipe peut en revanche mener son programme à bien, tests de changement de pilote compris.
La course 1 se dispute en semi-nocturne. Au moment où Dimitri passe le relais à Sébastien, le soleil couchant fait place à l’obscurité et la Ford n°82 est pointée 3ème. Elle va bientôt gagner un rang en raison d’un souci technique rencontré par l’autre Ford des expérimentés Mutsch/ Lunardi. Dans leur lutte interne, les 20 équipages engagés dans la catégorie GT3 doivent tenir compte du trafic. En piste, on trouve en effet des GT1, clairement plus rapides, et des GT2, qui ne le sont pas toujours ! Ces courses dans la course et l’ambiance créée par les disques de freins en carbone chauffés au rouge dans la nuit rappellent furieusement les 24 Heures du Mans… « J’ai perdu du temps derrière une GT2 et je n’ai pas pu rejoindre la Lamborghini qui a finalement gagné en GT3.On se classe 2ème à moins de 3 secondes. C’est bien, mais je pense que la victoire était possible. »
Dimanche, la course retrouve un horaire plus classique, en « prime time » d’un bel après-midi de sport automobile. Conformément au règlement, la Ford GT de Seb et Dimitri reçoit un lest de 30kg, conséquence du bon résultat de la veille. C’est au tour de Sébastien de qualifier la voiture et de prendre le départ. « D’après nos ingénieurs, le lest nous a fait perdre 3 à 4 dixièmes au tour. J’ai signé le 5ème temps, mais j’ai pris tout de suite un bon rythme en course. Je roulais en 2ème position derrière l’autre Ford GT, et j’avais un peu décroché la Lamborghini de James Ruffier. Quand Dimitri a pris le relais, il lui a fallu quelques tours pour reprendre ses marques. Il faut rappeler qu’il ne dispute que sa première saison de sport auto ! La Lambo est passée, mais Dimitri l’a redoublée à sept minutes de la fin. » En vain car nos deux rookies se voient reclassés 3ème à cause de l’interruption de la course au drapeau rouge. Les commissaires ont en effet dû intervenir pour éteindre le débutd’incendie d’une Porsche GT2.
Podium samedi, repodium dimanche : quel beau week-end pour Sébastien, son coéquipier et toute l’équipe Matech GT Racing ! « J’ai atteint mon objectif » concluait le pilote de La Gaude. « Je voulais travailler avec une équipe professionnelle, piloter une voiture fiable pour décrocher un résultat significatif. J’ai trouvé en plus une bonne entente avec Dimitri. » Avec cinq jours d’avance, Sébastien s’est offert un beau cadeau pour son vingtième anniversaire ! Prolonger l’expérience au-de là de cette fin de saison ne serait sans doute pas pour lui déplaire…